Dans mon pays, le Bénin, à quatorze ans,  tes oncles avec la complicité de tes parents peuvent décider de te donner en mariage. Eh oui, dans mon pays, le «mariage forcé» des filles existe encore. Des filles sont contraintes à se marier dès l’apparition de leurs menstrues. Malheur à la fille qui ose dire non à ses parents ! 

Pourquoi mon droit à l’éducation serait-il bafoué par mes propres parents ? Pourquoi me priver de mon épanouissement et l’innocence comme celle de l’enfance?

Je me souviens de la majorité de mes cousines au village qui ont été « mariées de force » à des hommes bien plus âgés qu’elles. Leurs âges moyens étaient de quatorze (14) ans. Il y en avait qui étaient en classe d’examen et ont perdu leur éducation par la faute du mariage qui est censé être un évènement heureux. J’ai vu mes cousines pleurer de toutes les larmes de leur corps sans pouvoir échapper à ce sacrifice, que dis-je, cette ignominie. Pire, leurs mères restaient impuissantes sous prétexte qu’elles n’ont pas droit de décision sur ces filles. Adolescente, je me suis jurée de défendre les prochaines victimes du mariage forcé.

Chaque fille est une perle.

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Comment ai-je échappé à cette pratique ? Simplement parce que j’ai un père qui avait compris que chaque fille est une perle et qui s’est toujours opposé à cette pratique.

Mes cousines n’ont pas eu cette chance. Leurs géniteurs ne s’étaient pas opposés au mariage forcé prétextant que la tradition le recommande. Ce contraste suggère que lorsque les parents sont sensibilisés de manière appropriée ceci pourrait réduire l’influence de la pression sociale et familiale qui constitue le nid favorable et le prétexte aux mariages précoces et forcés.

Protégez-nous!

Chères autorités, au-delà des lois votées , protégez-nous réellement sur le terrain. Les lois c’est bien, mais si malgré l’existence des lois le phénomène persiste, cela traduit un véritable problème de fond.

Nous ne voulons plus que nos parents soient nos bourreaux. Chers parents, le temps des mariages forcés et précoces est révolu. Laissez-nous apprendre, faire des erreurs, rêver et réaliser nos rêves. Papa, maman, oncles, tantes, j’ai quatorze ans et je veux continuer d’apprendre à l’école. Je ne veux pas me marier à « l’Aladji » du village. A quatorze ans on ne devrait pas être en train de mener un combat contre ses parents afin d’échapper au mariage ! 

La place des filles est à l’école pas au foyer comme épouses!

Debbo Umma

Merci de nous laisser en commentaire vos propositions pour éradiquer ce fléau. Elles seront prises en compte dans le prochain article.

15 pensées sur “Ma place est à l’école, pas au foyer comme épouse!”

  1. Merci pour ce partage sur ce blog
    En le lisant je me suis posé la question de savoir ce qui pousse les hommes à marier de force leurs filles. Est-ce la pauvreté ou la religion qui recommandé cette attitude dénoncée ? Ensuite vous proposez une solution importée à un problème national et circoncis à une zone du pays. Quelle est votre touche personnelle d’approche de solution ?
    Vous avez pu échapper à cette cruauté car c’est comme ça que je qualifie le mariage forcé et précoce, grâce à votre père qui reconnaît que chaque fille est une perle? Juste celà où c’est parce qu’il a plus reçu des enseignants scolaires et universitaires que ses frères ou il est moins pratiquant de la religion ? Ce qui est sûr j’apprécie votre partage et surtout l’initiative qui mérite d’être encouragée.
    A chaque fois que vous retournez au village soyez l’exemple de réussite pour que les hommes offrent à leurs filles les mêmes chances que vous.

    1. Merci pour cet engagement à la cause féminine. Au vue des nombreux efforts consenti par les ONG basés sur la sensibilisation des personnes ressources et élus dans nos contrés et que la pratique demeure, je propose que tu mets au centre les jeunes filles et hommes pour la démultiplication de la sensibilisation au sein de leurs familles en donnant des exemples de réussites des femmes dans leurs localités.

  2. C’est intéressant ma chère mais au village presque que tous les parents ne sont pas instruits. De plus leur mentalité est du coup différente. Mon avis sur cet acte est qu’on encourage davantage la scolarité des filles et leur octroyer plus de responsabilité dans nos différentes institutions. Ainsi on pourra par l’aide de celles qui ont réussi sensibiliser les autres parents à délaisser cet acte.

  3. Merci chère aînée pour votre courage et détermination. Le travail doit être fait à la base. Le peuple meurt faute de connaissances. Je vous suggère une sensibilisation sur ce phénomène en allant rencontrer les chefs de ménage dans les villages.

  4. Merci de continuer par lutter contre ce fléau. Même si cela a diminué considérablement par rapport aux décenies passées; il demeure toujours et il faut pas baisser les bras. Si chacun de nous pouvais sensibiliser nos proches par rapport à ce fléau; ce serait beaucoup aidant

  5. Je suis très satisfait de ce partage. A mon humble avis ce problème reste et perdure dans d’autres localités de notre pays. Pour coriger cet état de chose, il faut éduquer nos parents à la base. Et si les lois existent, il faut les traduire en nos langues nationaux pour la compréhension de ces lois. C’était ma petite contribution.

  6. C’est vraiment satisfaisant !
    Mais ce qui reste a faire c’est de agire !
    Mettre déjà en place des petites cellules dans chaque communauté pour des séances de sensibilisation ! Et ensemble pour le bien être de la femme Africaine et en occurrence celle Béninoise !! Bravoo bravoo!

  7. Cet article est malheureusement une rèalitè que beaucoup de zone rurale péri urbaine et même urbaine vivent aux bénin . C’est triste de savoir que nous copions une coutume exportée je veux parler surtout de la culture française mais ses pratiques perdurent et retardent le developpement de notre cher pays le bénin. Pour ma part il urge de mettre en place une équipe de suivie du respect des lois. Une chose bonne et noble est de voter une loi la faire suivre s’en est une autre et c’est ce qui est malheureusement constater le suivi n’est pas pour autant suivi. Il est temps que les faiseurs de lois prennent les toros par les cornes et mettent un point d’honneur sur l’interdiction de cette mauvaise pratique. Bien que ce problème soit général en Afrique OSONS DIRE NON au mariage forcé a travers un programme de sensibilisations de masse et de proximité au devant les autorités competente à divers niveau et des initiatives de lutte contre le mariage forcé afin que les couches concernées soient touchées pour espérer une éradication de ce fléau qui gangrène et retarde nos communautés .

  8. Merci pour le partage et l’éveil de conscience. Malheureusement ce fléau fait encore des ravages dans nos communautés avec des conséquences très grave sur la santé reproductives des filles sur le regard complice des proches et des agents de la santé qui refusent la dénonciation. Je pense que ce message nous appels à une prise de conscience collective. Encore merci.

  9. Merci pour le partage. C’est un article intéressant qui traduit une triste réalité. C’est un problème sociologique. Un premier diagnostic est que les parents mettent au premier plan la religion et la culture sans se rendre compte qu’ils sont en train de pécher en empêchant ces jeunes filles d’aller à l’école. C’est vraiment triste. A mon avis ce n’est que l’application des textes et lois (qui existent bien sûr) qui peut aider ces jeunes filles à s’épanouir véritablement. Aussi faut-il ajouter qu’il faut organiser de sérieuses actions de sensibilisation de ces parents qui ne savent d’ailleurs pas qu’ils font quelques choses de mauvais. Merci

  10. Merci Bien pour ce Article. L’autonomisation de la femme commence par celui de la jeune fille que nous devons commencer par conscientiser. Meme si la culture nous impose en temps que fille de nous marier à 14 ans nous devons savoir que c est en faite une maniere de nous limiter. Les Grands Freres, parents, oncle à qui il reste un peu de sagesse doivent tous contribuer à cela, car eduquer un garçon c est eduquer un homme mais eduquer une fille, c est eduquer un foyer, une communauté, une nation. Toutes Les filles doivent avoir un objectif precis pour leur vie et ne pas ce laisser bloquer par la culture. La culture, oui nous l aimons. Mais Elle ne doit en aucun cas servir de bloquage pour l atteinte des objectifs que vous vous fixés en temps que fille. Non, Non et Non. Chaque fille doit s inspirer du theme de la journee internationale de la Jeune fille et proclamer haut et fort je suis une fille, une force libre et inaretable.
    Joyeuse Journee internationale de la Jeune fille.

  11. Bonjour chère amie et Merci pour le partage… Le mariage forcé constitue vraiment un handicap pour l’émancipation de la gente féminine et je pense comme mes prédécesseurs que pour lutter efficacement contre ce fléau, il faudra un travail de sensibilisation à la base.

  12. Vraiment merci pour cet article qui vient d’être publié.
    Je pense qu’il faut mettre en place de petites cellules de communication pour des séances de sensibilisation de nos jeunes filles (dans les écoles et collèges) et mères qui doivent dire désormais non à cela. On doit une fois encore
    montrer l’importance de la fille éduquée à nos parents qui continuent avec cette sale besogne. Ensemble pour l’épanouissement de la jeune fille béninoise !! Bravoo pour cet article !

  13. Effectivement le mariage précoce n’est pas une bonne chose . Mais les parents qui le font à leurs filles aiment tellement la famille dans laquelle ils envoient leurs filles et n’aimeraient pas qu’elles aillent ailleurs . Mais le drame est que ce mariage est fait sans le consentement des deux enfants . Et plutard ils ne se comprennent pas dans leur foyer .Ce qui amène le divorce .Et l’avenir des deux est gâté . Le mariage forcé et précoce est à proscrire , interdire totalement . Vaudrait mieux que les deux s’aiment effectivement avant de décider de se marier.

  14. Je te remercie pour le combat que tu ménes pour l’autonomisation et l’émancipation de la gente féminine. C’est vraiment une cause noble auquelle tous doivent se rallier pour mettre définitivement fin à ce fléau de mariage forcé. Plusieurs organisations non gouvernementales se sont déjà engagées dans cette lutte mais cela ne suffit pas. Il va falloir une forte sensibilisation dans nos contrés où le manque d’information demeure criard. Cette sensibilisation aura pour but de démontrer avec des exemples concrets les avantages de la scolarisation des filles et surtout les peines et punitions qui seront assurjetis à toute personne qui se donne encore à de telles pratiques.

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